Il existe de nombreux labels dans le monde du vin et ils soulèvent régulièrement des questions quant à leurs différences. Il existe l’agriculture conventionnelle et raisonnée, l’agriculture biologique et en biodynamie mais les vins naturels sont aussi de plus en plus présents dans le monde viticole. Mais qu’englobent donc ces labels et quels changements pour le travail de viticulteur ?

 

Agriculture Conventionnelle

Lorsqu’un vigneron travail en agriculture conventionnelle, il travaille dans le cadre de la loi et l’étiquette de la bouteille ne porte donc pas de mention particulière.

Comme dans les autres cultures que la vigne, des produits du type herbicides et pesticides sont utilisés si nécessaire et sont ceux autorisés et dosés dans la loi.

Les sulfites entrent dans la composition du vin mais selon la loi l’utilisation du soufre est plafonnée à 160 mg par litre pour les vins rouges 210 mg par litre pour les vins blancs.

 

Agriculture Raisonnée

Réglementé par les pouvoirs publics, ce concept indique que le vigneron s’engage à n’utiliser de produits chimiques qu’en cas d’absolue nécessité. Certains Vignerons le mentionnent alors sur la contre-étiquette de leurs bouteilles en indiquant « Agriculture Raisonnée ».

 

Agriculture biologique

Le vin biologique, lui, est réglementé par un cahier des charges européen. Des organismes de contrôle assurent le bon respect de certaines normes de productions et de vinification. L’étiquette comporte alors le logo bio qui le certifie.

 Explication détaillée du logo bio AB Agriculture Biologique et du logo Bio Européen

Ce logo nous garantit donc l’utilisation d’aucun produit chimique et d'aucun herbicide dans la production du raisin. Ce qui impose aux viticulteurs de travailler de manière mécanique. Pour fertiliser les sols, seuls les produits naturels sont autorisés, comme par exemple le fumier composté.

Le vin biologique existe seulement officiellement depuis 2012. Auparavant, seule la viticulture était prise en compte et pas la vinification. On pouvait donc lire sur l'étiquette "vin issu de raisins issus de l'Agriculture Biologique" et non pas "vin issu de l'Agriculture Biologique" Cette démarche propose à présent aussi de réduire légèrement les intrants lors de la vinification. Elle autorise cependant à certaines doses et sous des conditions très particulières l’acidification ou la désacidification, le traitement thermique, l’ajout de tanins, de soufre et de levures industriels.

Les vins bios sont donc des vins dont les raisins doivent être obtenus sans aucun produit chimique. En cas de maladies, les produits de traitements à base de cuivre doivent être limités à 6 kg par hectare et par an. Les quantités de soufre sont aussi limitées par le label et doivent plafonnées à 100 mg par litre pour les vins rouges et 150 mg par litre pour les vins blancs.

 

Agriculture en biodynamie


Contrairement à la culture biologique, il n'y a pas de règlement européen pour la culture du vin en biodynamie. Mais il existe deux certificateurs importants qui régissent cette production de vins et exigeant au préalable du vignoble, d’être en agriculture biologique, ce sont Demeter et Biodyvin.

Logo Demeter certification biodynamie agriculture biodynamique                      Logo Biodyvin Syndicat International des vignerons en culture bio-dynamie

Se reposant sur les écrits du philosophe autrichien Rudolf Steiner (1861-1925), les vignerons biodynamistes essaient d’intensifier la vie du sol afin qu’il y ait un meilleur échange entre la terre et la plante. Ils se servent pour cela de préparations à base de plantes qu’ils infusent, dynamisent ou macèrent afin d’aider la vigne à se renforcer et à mieux se développer. La particularité de la biodynamie est de suivre un calendrier astral pour intervenir sur la vigne car la plante, le sol et les influences lunaires se combinent efficacement.

Les vignerons s’imposent donc en plus des contraintes du bio, de préserver la biodiversité de l’exploitation avec des traitements biodynamiques. Le collage du vin, la filtration, la chaptalisation uniquement pour les pétillants, c’est-à-dire l’ajout de sucre, sont autorisés tandis que la dose de soufre est plus basse que pour les vins bio, environ 70 mg par litre pour les vins rouges et 90 mg par litre pour les vins blancs.

 

Vin Naturel

Définir précisément le vin naturel ou vin nature n’est pas chose facile car il n'y a pas de vrai cahier des charges et chaque association applique sa propre définition. La mention « vin nature » ou « vin naturel » peut donc librement être mentionné sur l’étiquette des vins sans contrôle préalable d’un organisme.

Dans les grandes idées, le but est d’obtenir un vin le plus respectueux possible de la nature et de l'environnement. Mais la seule chose qui vous donne une garantie de ce respect, c'est l'agriculture biologique avec la certification bio et le logo sur l’étiquette.

Il s’agit, pour le vin naturel, de suivre les mêmes contraintes que les vins bio, de pratiquer la vendange manuelle, d’utiliser des levures naturelles, de limiter le filtrage des vins en limitant l’ajout de sulfites à 40 mg par litre de souffre pour les vins rouges, et 30 mg par litre pour les vins blancs.


 Pour le vin naturel, on ne peut donc pas être sûr du traitement appliqué par le vigneron mais une notion récurrente est le vin sans sulfites ajoutés, puisque l'on trouve naturellement des sulfites dans le vin. On y autorise donc extrêmement peu voire aucun intrants ni techniques visant à modifier le jus de base, mis à part le soufre. Il existe aussi une autre section dans les vins naturels encore plus exigeants, ce sont les vins Sans Aucun Intrants Ni Sulfites (S.A.I.N.S).

 

Maintenant informé sur ces méthodes, vous pouvez à présent achetez vos vins en connaissance de cause. Les achats raisonnés permettent d’influencer le marché du vin dans la bonne direction, pensez dès lors à acheter des produits respectueux de l’environnement qui vous respecterons eux aussi.