La règle de base pour se constituer une cave à vin : un joyeux mélange

Quel intérêt à constituer une cave en empilant les cartons d’une même référence, bien qu’excellente, ou même avec un seul type de vin ? En ce qui nous concerne, nous préférons envisager notre investissement dans une cave comme une collection qui associe des vins aux styles différents, qui pourront répondre à la multiplicité des contextes de consommation. Des vins qui, aussi, reflètent vraiment ce qu’on a(ura) envie de boire. Par exemple, nous prendrons autant de blancs que de rouges car nous consommons aujourd’hui – effet de l’évolution du goût et des modes de vie – de plus en plus de vins dans cette couleur. Et nous ne prévoyons pas de faire exploser notre budget en faisant l’acquisition d’une bouteille qui serait au-dessus de nos moyens sous peine de ne jamais oser la déboucher. En revanche, nous ne nous refuserons pas d’acheter quelques vins originaux, qui sortent des sentiers battus, voire un peu au-dessus de notre panier moyen à condition qu’ils aient quelque chose d’unique à raconter. Autre critère : le voyage, avec une cave qui fait de la place à des vignobles différents.

6 vins de garde en 3 exemplaires, soit 18 bouteilles

Une cave de vieillissement comme la cave Cosy d’Artevino, qui reproduit les conditions d’une cave naturelle, permet de conserver les vins de garde en leur permettant d’atteindre leur apogée en toute sûreté. Nous nous offririons donc le plaisir de réserver la moitié environ de nos capacités à des vins que nous pourrions voir évoluer dans le temps en ouvrant une bouteille de façon espacée. Amateurs de bonnes bouteilles, nous choisirions 3 vins rouges et trois vins blancs en optant pour des Bordeaux et des Bourgogne si l’on est des fans de ces régions mais aussi sur des régions différentes où l’on trouvera des vins de garde à la fois sublimes et au bon rapport qualité-prix.

Les blancs :

• Château Carbonnieux, AOC Pessac-Léognan, Blanc 2016 : un des plus beaux Bordeaux blancs avec une belle structure, une minéralité remarquable et une palette aromatique complexe et fruitée

• Domaine des Roches Neuves, AOC Saumur, Clos Roman Blanc 2017 : d’une grande salinité, c’est un très grand blanc, qui peut être conservé dix ans

• Domaine Jean-Paul et Benoit Droin, AOC Chablis, Blanc 2018 : un chardonnay avec un excellent rapport qualité-prix qu’on gardera entre cinq et huit ans

Les rouges :

• Clos des Papes, AOC Châteauneuf-du-Pape, Rouge 2013 : velouté, épicé, c’est un vin qu’on laissera mûrir et qu’on aimera sortir pour les grandes occasions

• Domaine Cosse-Maisonneuve, AOC Cahors, Le Combal Rouge 2014 : produit en biodynamie, un malbec de longue garde, jouissif, avec de la finesse, de l’amplitude et de l’acidité

• Domaine Joblot, AOC Givry 1er Cru, L'Empreinte Rouge 2018 : un pinot noir classieux, au rapport qualité-prix étonnant pour un premier cru de Bourgogne ; étaler la dégustation sur dix à douze ans pour le voir évoluer

12 bouteilles à rotation relativement rapide

Toujours en prenant moitié des blancs, moitié des rouges, nous réserverions un tiers de notre cave à des vins qui peuvent être bus immédiatement mais qu’on peut aussi oublier sans tracas pendant quelques années. Nous choisirions d’investir dans des vins d’une belle buvabilité, qui sauront s’adapter à quasiment toutes les occasions de consommation, même les impromptues. Cette sélection peut aussi servir à remplir une cave de service avec des vins à déboucher dès maintenant et en mettant en avant un max de régions, comme la Corse, le Jura, le Languedoc, le Roussillon, la Savoie, le Val de Loire ou la Vallée du Rhône.

Les blancs :

• Domaine François Cotat, AOC Sancerre, Mont Damnés Blanc 2018 : un sauvignon très frais, très élégant, avec un nez joliment complexe, parfait pour des huitres ou un fromage de chèvre

• Domaine David Lefort, AOC Rully, La Chaume Blanc 2016 : un chardonnay de Bourgogne, rond et charnu, qui reste accessible avec de la texture et de l’équilibre

• Domaine Yves Cuilleron, AOC Saint-Joseph, Les Lyseras Blanc 2018 : un blanc du nord de la Vallée du Rhône franc et dense, ouvert à une multitude d’accords

Les rouges :

• Domaine Emmanuel Darnaud, AOC Crozes-Hermitage, Mise en Bouche Rouge 2017 : une syrah rhodanienne souple et fruitée, idéal pour une viande grillée

• Domaine Marcel Richaud, AOC Côtes du Rhône, Terre de Galets Rouge 2018 : un excellent rapport prix-plaisir avec un rouge nature à servir toute l’année

• Marcel Lapierre, AOC Morgon, Rouge 2018 : un gamay emblématique des vins nature, de la gourmandise et beaucoup d’équilibre

3 vins effervescents

Il en faut dans sa cave, et en faisant varier les références car chaque maison ou vigneron a sa patte. Il serait trop dommage de ne pas savourer l’éclectisme de la production. Trois coups de cœur parmi d’autres en Champagne pour constituer sa cave à vin mais n’hésitez pas à compléter avec des Crémants, des pet’ nat’ et des spécialités historiques comme la Blanquette de Limoux pour rester sur les effervescents français :

• Jacquesson, AOC Champagne, Cuvée 743 Extra-Brut : ce que la Champagne a de meilleur, de la droiture, de la précision et beaucoup d’intensité : foie gras, saumon… tout lui va

• De Sousa, AOC Champagne, Tradition : un champagne de vigneron avec un équilibre entre fraîcheur et richesse qui lui permet d’accompagner tout un repas

• Larmandier-Bernier, AOC Champagne, Longitude : un champagne en biodynamie, fougueux mais très digeste, à servir avec l’apéritif ou des fruits de mer

3 vins rosés

C’est un cercle vertueux. Nous consommons de plus en plus de vins rosés – les Français sont même les champions – tandis que la production ne cesse de monter en gamme, tirée par les appellations des Vins de Provence, et que des vignerons relèvent le défi des rosés de garde, comme dans le vignoble de Tavel, au sud de la Vallée du Rhône. Voici trois coups de cœur, des rosés qu’on peut boire dès maintenant mais qu’on peut aussi conserver dans sa cave sans souci plusieurs mois ou même plusieurs années :

• Caves d’Esclans, AOC Côtes de Provence, Whispering Angel 2019 : un vin d’une grande pureté avec de l’élégance et ce qu’il faut de croquant

• Domaine Tempier, AOC Bandol, Rosé 2019 : un rosé qui peut se garder cinq ans : un nez rafrachissant, une bouche élégante et gourmande, parfait avec un poisson ou une volaille

• Domaine des Accoles, VDF Rosé des Acolytes 2019 : un rosé certifié Agriculture biodynamique, respectueux de la biodiversité. Une bouche fraîche, longue avec une belle matière et de la gourmandise

3 vins hors normes

On mêle ici des cuvées rares, de celles dont il faut avoir bu une fois dans sa vie pour pouvoir en parler, et des spécialités atypiques : vins jaunes, vins moelleux ou liquoreux, vins doux naturels, vins blancs de macération, cépages rares, appellations étrangères… Voici trois exemples :

• Domaine Madeloc, AOC Banyuls, Robert Pagès Rouge : signé Pierre Gaillard, un rancio (vin oxydatif) du Roussillon aux arômes inimitables de pruneaux, de fruits secs et de pain d’épice ; un potentiel de garde quasi infini ; à goûter avec un foie gras ou du chocolat

• Domaine Marcel Deiss, AOC Alsace Grand Cru, Altenberg de Bergheim Blanc 2012 : un moelleux qui tient du miracle, à la fois élégant, intense et minéral ; à goûter avec un foie gras en terrine ou poêlé

• Domaine Peyre Rose, Côteaux du Languedoc, Clos des Cistes Rouge 2009 : un vin légendaire, peut-être le plus grand Languedoc avec une densité exceptionnelle et des arômes merveilleux de fruits cuits, d'épices douces et de garrigue