Saké japonais : le guide complet pour le choisir, le servir et le déguster
Le saké japonais intrigue encore beaucoup. Certains l’imaginent comme un alcool de riz très fort, servi chaud en fin de repas, tandis que d’autres ne savent tout simplement pas quelle bouteille choisir parmi les nombreuses mentions présentes sur les étiquettes.
Pourtant, le saké est bien plus proche du vin dans sa manière d’être dégusté que des alcools distillés. Il peut être frais, floral et délicat, mais aussi riche, profond, épicé ou marqué par l’umami du riz.
Il se sert aussi bien à l’apéritif qu’à table et ne se limite absolument pas aux sushis. Poissons, fruits de mer, viandes blanches, fromages ou plats épicés peuvent donner naissance à de très beaux accords.
Nous avons eu la chance de visiter au Japon la brasserie Masuda Tokubee Shoten, à l’origine des sakés Tsukino Katsura présents dans notre sélection. Cette immersion nous a permis de mieux comprendre la précision nécessaire à leur élaboration et de mettre des images concrètes sur les différentes étapes de fabrication.
Voici donc tout ce qu’il faut savoir pour comprendre, choisir, servir et déguster un saké japonais.
Le saké japonais en quelques mots
Pour choisir facilement une première bouteille, retenez trois grandes familles :
- le Junmai offre généralement un profil plus riche, plus ample et marqué par le goût du riz
- le Junmai Ginjo est souvent plus frais, floral et fruité
- le Junmai Daiginjo recherche davantage de finesse, de précision et d’élégance
Les sakés les plus aromatiques se servent généralement frais, autour de 8 à 12 °C. Certains Junmai plus riches peuvent également être dégustés à température ambiante ou légèrement réchauffés.
Le saké japonais est une boisson fermentée, et non distillée. Son degré d’alcool se situe le plus souvent autour de 15 %, soit un niveau assez proche de celui d’un vin généreux.
Qu’est-ce que le saké japonais ?
Le saké japonais, également appelé nihonshu au Japon, est une boisson alcoolisée élaborée principalement à partir de riz, d’eau, de levures et de koji.
Le koji est un riz cuit sur lequel est cultivé un champignon microscopique appelé Aspergillus oryzae. Celui-ci produit des enzymes capables de transformer l’amidon du riz en sucres. Les levures peuvent ensuite convertir ces sucres en alcool.
Le saké est donc une boisson brassée et fermentée. Il n’est pas distillé et ne doit pas être confondu avec le shochu, un alcool japonais obtenu par distillation.
Le saké est-il un vin de riz ?
Le saké est souvent présenté comme un « vin de riz », mais cette expression reste approximative.
Dans le vin, les sucres nécessaires à la fermentation sont naturellement présents dans le raisin. Le riz contient quant à lui essentiellement de l’amidon. Celui-ci doit d’abord être transformé en sucre grâce aux enzymes du koji.
Son processus de fabrication se rapproche donc davantage du brassage de la bière. En revanche, sa dégustation, son service et ses accords avec les plats se rapprochent beaucoup de l’univers du vin.
Le saké est-il un alcool fort ?
Non. Un saké japonais titre généralement autour de 15 % d’alcool.
Le petit verre très fort parfois servi comme digestif dans certains restaurants asiatiques est généralement un autre alcool de riz ou de céréales, souvent distillé.
Un véritable saké japonais se déguste lentement, par petites gorgées, et non comme un shot.
Dans les coulisses de la brasserie Tsukino Katsura
Nous avons eu la chance de visiter la brasserie Masuda Tokubee Shoten lors d’un voyage au Japon. C’est au sein de cette maison historique que sont élaborés les sakés Tsukino Katsura que nous avons choisi de proposer sur Vin Malin.
Fondée en 1675, la brasserie est installée à Kyoto, dans la région de Fushimi. Cette visite nous a permis de découvrir les installations de la maison, les différentes variétés de riz utilisées et les étapes nécessaires à la transformation de quelques ingrédients très simples en une boisson d’une grande complexité.

Ce qui nous a particulièrement marqués, c’est la différence entre les grains de riz avant et après leur polissage. Sur certaines cuvées très raffinées, une grande partie du grain est progressivement retirée pour ne conserver que son cœur, particulièrement riche en amidon.

Nous avons également pu observer les cuves et certains contenants traditionnels utilisés au sein de la brasserie. Cette immersion nous a aidés à mieux comprendre la précision, la patience et la maîtrise nécessaires à l’élaboration d’un grand saké.

Les photographies présentées dans cet article ont été prises par notre équipe lors de la visite de la brasserie Masuda Tokubee Shoten.
Comment fabrique-t-on le saké japonais ?
La fabrication du saké repose sur un processus long et minutieux. Chaque étape influence le profil aromatique, la texture et la finesse de la cuvée.
1. Le polissage du riz
Les grains de riz sont tout d’abord polis afin de retirer une partie de leurs couches extérieures.
Ces couches contiennent davantage de protéines, de lipides et de minéraux, tandis que le cœur du grain est particulièrement riche en amidon. Un polissage important permet généralement d’obtenir un profil plus fin et plus délicat.
Le chiffre indiqué sur l’étiquette correspond à la proportion du grain restante après le polissage.
Un taux de polissage de 60 % signifie donc que 60 % du grain initial a été conservé et que 40 % ont été retirés.
Un taux de 35 % signifie que seuls 35 % du grain d’origine ont été conservés. Le travail de polissage a donc été beaucoup plus poussé.
2. Le lavage et le trempage
Après le polissage, le riz est lavé afin d’éliminer les poussières restantes, puis immergé dans l’eau.
La durée du trempage est contrôlée avec une grande précision. Sur les grains très fortement polis, quelques secondes supplémentaires peuvent déjà modifier la quantité d’eau absorbée.
3. La cuisson à la vapeur
Le riz est ensuite cuit à la vapeur.
Cette cuisson permet d’obtenir une texture adaptée aux étapes suivantes : le grain doit être suffisamment cuit pour être transformé, sans devenir trop humide ni trop collant.
4. La préparation du koji
Une partie du riz cuit est utilisée pour fabriquer le koji.
Les spores d’Aspergillus oryzae sont déposées sur le riz, puis cultivées dans une pièce chaude et humide. Les enzymes ainsi produites permettront de transformer progressivement l’amidon en sucres fermentescibles.
5. La préparation du pied de fermentation
Le brasseur prépare ensuite un levain appelé shubo ou moto, composé notamment de riz, de koji, d’eau et de levures.
Cette base permet de développer une population de levures suffisamment forte avant le lancement de la fermentation principale.
6. La fermentation
Le riz, le koji, l’eau et le pied de fermentation sont progressivement réunis dans une cuve.
La particularité du saké repose sur une fermentation dite multiple et parallèle :
- les enzymes du koji transforment l’amidon en sucre
- les levures transforment simultanément ce sucre en alcool
Ces deux phénomènes se déroulent au même moment dans la cuve, ce qui distingue la fabrication du saké de celle du vin ou de la bière.
7. Le pressurage
À la fin de la fermentation, le liquide est séparé des matières solides.
Le pressurage peut être réalisé mécaniquement ou à l’aide de sacs en tissu. Dans la méthode appelée Shizuku, le saké s’écoule naturellement, goutte à goutte, à travers des sacs suspendus, sans pression mécanique.
Cette méthode particulièrement délicate permet de recueillir une partie très pure et très fine du saké. Elle est notamment utilisée pour le saké How Are You de Masuda Tokubee Shoten.
8. La filtration, la pasteurisation et la mise en bouteille
Selon le style recherché, le saké peut ensuite être filtré, pasteurisé, assemblé, dilué avec de l’eau ou conservé quelque temps avant sa mise en bouteille.
Certains sakés ne sont pas pasteurisés, d’autres restent légèrement troubles ou sont volontairement élevés pendant plusieurs années.
Quelles sont les grandes catégories de saké ?
Junmai, Ginjo, Daiginjo, Honjozo : ces termes permettent de comprendre la méthode de production et, dans une certaine mesure, le style d’un saké.
Ils ne donnent toutefois pas toutes les informations sur son goût. Deux Junmai peuvent présenter des profils très différents selon le riz, l’eau, les levures et le savoir-faire de la brasserie.
| Catégorie | Composition et polissage | Profil généralement recherché | Service conseillé |
|---|---|---|---|
| Junmai | Riz, koji et eau, sans ajout d’alcool ; pas de seuil général de polissage | Riche, ample, umami, marqué par le riz | Frais, tempéré ou chaud |
| Honjozo | Taux de riz restant inférieur ou égal à 70 %, avec une petite quantité d’alcool ajouté | Souple, léger et net | Frais ou chaud |
| Ginjo | Taux de riz restant inférieur ou égal à 60 %, avec possibilité d’alcool ajouté | Floral, fruité et élégant | Généralement frais |
| Junmai Ginjo | Taux inférieur ou égal à 60 %, sans ajout d’alcool | Fruité, précis, avec davantage de matière | Frais |
| Daiginjo | Taux inférieur ou égal à 50 %, avec possibilité d’alcool ajouté | Fin, délicat et très aromatique | Frais |
| Junmai Daiginjo | Taux inférieur ou égal à 50 %, sans ajout d’alcool | Raffiné, complexe et soyeux | Frais |
Le saké Junmai
Le terme Junmai signifie « pur riz ».
Un saké Junmai est élaboré uniquement à partir de riz, de koji et d’eau, sans ajout d’alcool neutre.
Il possède souvent davantage de matière, d’umami et de profondeur. Ses arômes peuvent évoquer le riz, les céréales, les fleurs, les fruits mûrs ou certaines épices.
Très polyvalent, il peut être servi frais, à température ambiante ou légèrement chauffé selon son profil.
Le saké Honjozo
Le Honjozo est produit avec du riz dont le taux restant après polissage est inférieur ou égal à 70 %.
Une petite quantité d’alcool neutre est ajoutée pendant la fabrication. Cet ajout ne transforme pas le saké en alcool fort : il permet notamment d’extraire certains arômes et d’obtenir une texture plus légère et plus fluide.
Le saké Ginjo
Le Ginjo est élaboré avec un riz poli jusqu’à conserver au maximum 60 % du grain initial.
Sa fermentation est généralement menée lentement et à basse température. Cette méthode favorise l’apparition d’arômes fruités et floraux pouvant rappeler la pomme, la poire, le melon ou la banane.
Lorsqu’aucun alcool neutre n’est ajouté, le saké porte la mention Junmai Ginjo.
Le saké Daiginjo
Le Daiginjo est élaboré avec un riz dont le taux restant après polissage ne dépasse pas 50 %.
Ce travail entraîne une perte importante de matière première et demande beaucoup de précision. Les Daiginjo recherchent généralement la finesse, la pureté et la complexité aromatique.
Un Junmai Daiginjo est produit selon ces critères sans aucun ajout d’alcool neutre.
Que signifient Nigori, Namazake, Genshu et Koshu ?
Ces mentions ne correspondent pas au même type de classification que Junmai, Ginjo ou Daiginjo. Elles décrivent plutôt une méthode de fabrication, de filtration ou d’élevage.
Nigori
Le Nigori est un saké à l’aspect trouble ou laiteux.
Il est filtré à travers une maille plus large qui laisse passer de fines particules de riz. Sa texture peut être légère ou très crémeuse, sèche ou gourmande.
Namazake
Le Namazake est un saké non pasteurisé.
Il possède souvent un caractère très frais, vif et aromatique. Plus fragile, il doit impérativement être conservé au réfrigérateur.
Genshu
Le Genshu est un saké peu ou pas dilué avec de l’eau après la fermentation.
Il présente généralement un degré d’alcool plus élevé et une bouche plus intense.
Koshu
Le Koshu est un saké volontairement vieilli.
Il peut développer une couleur dorée ou ambrée ainsi que des arômes de fruits secs, de caramel, de noix, d’épices ou de sous-bois.
Comment choisir un saké japonais ?
Le meilleur saké n’est pas nécessairement celui dont le riz a été le plus poli ou celui dont le prix est le plus élevé.
Pour choisir correctement, il faut surtout tenir compte de vos goûts, de l’occasion et du plat servi.
Quel saké choisir pour commencer ?
Pour découvrir le saké, deux options sont particulièrement intéressantes :
- un Junmai équilibré, pour apprécier la texture, le riz et l’umami
- un Junmai Ginjo, pour découvrir un style plus floral, fruité et immédiatement accessible
Un Junmai sera souvent plus gastronomique et polyvalent à table. Un Junmai Ginjo séduira facilement les amateurs de vins blancs frais et aromatiques.
Quel saké choisir selon ses goûts en vin ?
Les équivalences ne sont jamais parfaites, mais ces repères peuvent aider :
- les amateurs de Chardonnay fins et élégants apprécieront souvent les Junmai Ginjo et Junmai Daiginjo
- les amateurs de Riesling ou de Chenin frais pourront rechercher un saké tendu, précis et légèrement sec
- les amateurs de vins plus riches et généreux pourront s’orienter vers un Junmai ample ou un saké légèrement évolué
- les amateurs de profils très aromatiques apprécieront davantage les Ginjo et Daiginjo
Quel saké choisir pour offrir ?
Un Junmai Ginjo constitue un cadeau élégant et accessible. Son profil floral et fruité plaît généralement assez facilement.
Pour une occasion importante, un Junmai Daiginjo ou une cuvée élaborée selon la méthode Shizuku offrira un caractère plus prestigieux et plus rare.
Quel saké choisir pour accompagner un repas ?
Le principe le plus simple consiste à associer l’intensité du saké à celle du plat :
- saké délicat avec un plat fin
- saké riche avec un plat généreux
- saké frais avec une préparation froide
- saké tiède avec un plat chaud ou mijoté
Le saké peut également créer un contraste intéressant : une cuvée douce et souple peut par exemple apaiser un plat épicé ou légèrement amer.
Comment lire l’étiquette d’une bouteille de saké ?
Une étiquette de saké peut sembler complexe, notamment lorsqu’elle comporte beaucoup de mentions japonaises.
Quelques indications suffisent pourtant à mieux comprendre la bouteille.
La catégorie
Commencez par identifier les termes Junmai, Ginjo, Junmai Ginjo, Daiginjo ou Junmai Daiginjo.
Ils donnent des indications sur le polissage du riz, la méthode de fermentation et l’éventuelle présence d’alcool neutre.
Le taux de polissage du riz
Le seimaibuai indique la proportion du grain restante après polissage.
Un chiffre faible correspond donc à un travail de polissage plus poussé :
- 70 % : 30 % du grain a été retiré
- 60 % : 40 % du grain a été retiré
- 50 % : la moitié du grain a été retirée
- 35 % : 65 % du grain a été retiré.
Un polissage poussé conduit souvent à un saké plus fin et plus léger, tandis qu’un riz moins poli peut apporter davantage de richesse. Cela ne constitue toutefois pas, à lui seul, un classement absolu de qualité.
Le Nihonshu-do ou SMV
Le Sake Meter Value, également appelé Nihonshu-do, donne une indication sur la densité du saké.
De manière générale :
- une valeur négative tend vers un profil plus doux
- une valeur positive tend vers un profil plus sec.
Cette donnée doit cependant être interprétée avec l’acidité et la texture du saké. Un saké affichant une valeur positive peut tout de même sembler rond et généreux en bouche.
L’acidité
L’indice d’acidité renseigne sur la quantité d’acides présents dans le saké.
Une acidité importante peut apporter davantage de tension, de relief et de corps. Elle contribue également à équilibrer la douceur.
Le degré d’alcool
La plupart des sakés affichent environ 15 à 17 % d’alcool.
Un Genshu, peu ou pas dilué, peut présenter un degré plus élevé.
Quel saké choisir dans notre sélection ?
Notre sélection réunit trois sakés de la maison Masuda Tokubee Shoten. Ils permettent de découvrir trois expressions complémentaires, du Junmai accessible au Junmai Daiginjo Shizuku plus prestigieux.
| Saké | Style | Profil | Occasion idéale |
|---|---|---|---|
| Tsukino Katsura Junmai | Junmai, riz poli à 60 % | Floral, doux, onctueux et légèrement épicé | Découverte et repas |
| Yanagi Junmai Ginjo | Junmai Ginjo, riz poli à 50 % | Agrumes, matcha, pomme cuite et fleur d’oranger | Apéritif ou cadeau |
| How Are You | Junmai Daiginjo Shizuku, riz poli à 35 % | Fruité, riche, élégant et frais | Grande occasion |
Pour découvrir le saké : Tsukino Katsura Junmai
Le Tsukino Katsura Saké Junmai est une très belle porte d’entrée dans l’univers du saké japonais.
Élaboré avec du riz cultivé à Kyoto et poli à 60 %, il dévoile un nez délicatement floral. Sa bouche est douce et onctueuse, avec une légère note de banane, la douceur du riz et une finale légèrement épicée.
Il peut être servi frais pendant les beaux jours ou légèrement réchauffé avec des plats plus généreux. Il accompagnera notamment un poisson, une viande blanche ou une cuisine légèrement épicée.
Découvrir le Tsukino Katsura Junmai
Pour les amateurs de sakés aromatiques : Yanagi Junmai Ginjo
Le Tsukino Katsura Yanagi Junmai Ginjo offre un profil plus fin et plus aromatique.
Son riz est poli à 50 %, soit un niveau plus poussé que le minimum imposé pour un Junmai Ginjo. Son nez révèle des notes d’agrumes, de matcha et de feuilles de citronnier. En bouche apparaissent la pomme cuite, la noix de macadamia et la fleur d’oranger.
Nous conseillons de le servir frais, autour de 8 à 12 °C, à l’apéritif, avec un poisson délicat ou un dessert aux fruits peu sucré. Son style expressif en fait également une très belle bouteille à offrir.
Découvrir le Yanagi Junmai Ginjo
Pour une grande occasion : How Are You Junmai Daiginjo Shizuku
Le Saké How Are You de Masuda Tokubee Shoten est la cuvée la plus prestigieuse de notre sélection.
Ce Junmai Daiginjo est élaboré avec un riz poli jusqu’à 35 %. Il est produit selon la méthode Shizuku : le saké s’écoule naturellement, goutte à goutte, à travers des sacs suspendus, sans pression mécanique.
Légèrement sec, il développe une large palette d’arômes fruités. Sa bouche associe richesse, élégance et fraîcheur.
Il se sert frais avec des fruits de mer, un poisson fin ou une viande blanche. C’est une bouteille idéale pour une grande occasion, un repas raffiné ou un cadeau destiné à un amateur de belles découvertes.
Découvrir toute notre sélection de sakés japonais
Le saké se boit-il chaud ou froid ?
Le saké peut être servi frais, à température ambiante, tiède ou chaud.
La température idéale dépend du style de la cuvée et de l’expression recherchée.
Le froid donne généralement une sensation plus nette et plus précise, mais une température trop basse peut masquer certains arômes. La chaleur tend à renforcer la rondeur, l’umami et la profondeur, tout en modifiant la texture.
| Température | Nom japonais | Effet général |
|---|---|---|
| Environ 5 °C | Yuki-hie | Arômes discrets, texture plus dense |
| 5 à 10 °C | Reishu | Service frais et précis |
| Environ 15 °C | Suzu-hie | Légèrement rafraîchi, plus expressif |
| Environ 20 °C | Shitsu-on | Température ambiante, profil plus souple |
| Environ 40 °C | Nuru-kan | Tiède, arômes plus riches |
| Environ 45 °C | Jo-kan | Chaud, saveurs concentrées |
| Environ 50 °C | Atsu-kan | Très chaud, finale plus sèche |
Les Ginjo et Daiginjo sont le plus souvent appréciés frais ou à température ambiante, généralement entre 8 et 12 °C. Certains peuvent toutefois être légèrement réchauffés autour de 40 °C.
Le saké chaud est-il de moins bonne qualité ?
Non. Cette idée reçue vient notamment du fait que certains sakés simples étaient autrefois fortement chauffés afin de masquer leurs défauts.
Pourtant, un bon Junmai peut gagner en ampleur, en douceur et en profondeur lorsqu’il est servi tiède.
Ce sont surtout les sakés très fruités et floraux qu’il est préférable de servir frais afin de préserver leurs arômes délicats.
Comment chauffer correctement le saké ?
Versez le saké dans une petite carafe appelée tokkuri, puis placez-la dans une casserole d’eau chaude.
L’eau ne doit pas nécessairement bouillir. Utilisez de préférence un thermomètre et commencez autour de 40 °C.
Le micro-ondes peut être utilisé, mais il chauffe parfois le liquide de façon irrégulière. Mélangez doucement le saké avant de le servir pour homogénéiser la température.
Dans quel verre boire le saké ?
Il n’est pas indispensable de posséder un service japonais traditionnel.
Un verre à vin
Un verre à vin blanc convient très bien aux Junmai Ginjo et Junmai Daiginjo.
Sa forme permet de concentrer les parfums et de mieux apprécier leurs arômes floraux et fruités.
Un ochoko
L’ochoko est une petite tasse japonaise, généralement en céramique.
Elle convient particulièrement aux sakés servis à température ambiante ou réchauffés.
Un guinomi
Le guinomi est légèrement plus grand que l’ochoko. Son ouverture plus large permet de mieux apprécier la texture et l’évolution du saké.
Un masu
Le masu est une petite boîte carrée traditionnellement fabriquée en bois.
Il est souvent utilisé lors de cérémonies et de célébrations. Le bois peut toutefois apporter son propre parfum et modifier légèrement la perception du saké.
Comment déguster un saké japonais ?
La dégustation d’un saké peut suivre une méthode assez proche de celle du vin.
1. Observer la robe
La plupart des sakés présentent une couleur transparente, parfois légèrement jaune ou verte.
Un saké vieilli peut être plus doré ou ambré. Un Nigori sera naturellement trouble ou laiteux.
2. Sentir le saké
Approchez doucement le verre du nez.
Selon le style, vous pourrez retrouver des arômes de fleurs, de pomme, de poire, de banane, de melon, d’agrumes, de céréales, de riz, d’épices ou de fruits secs.
Un verre à vin permettra de mieux percevoir les parfums d’un Ginjo ou d’un Daiginjo.
3. Observer la texture
Prenez une petite gorgée et concentrez-vous d’abord sur la sensation en bouche.
Le saké peut être :
- léger et fluide
- rond et soyeux
- dense et crémeux
- vif et précis
- riche et chaleureux.
4. Rechercher l’équilibre
Observez ensuite l’équilibre entre la douceur, l’acidité, l’amertume, l’alcool et l’umami.
L’umami correspond à une sensation savoureuse et persistante, particulièrement importante dans la dégustation du saké.
5. Analyser la finale
La finale peut être courte et nette, longue et fruitée, légèrement épicée, amère ou chaleureuse.
6. Observer son évolution avec le plat
Goûtez le saké seul, puis après une bouchée.
Certains sakés paraîtront plus frais ou plus fruités avec le plat, tandis que d’autres renforceront l’umami et la profondeur des aliments.
Quels plats servir avec du saké ?
Le saké ne se limite pas à la cuisine japonaise.
Il possède généralement moins d’acidité que le vin et contient de nombreux acides aminés associés à l’umami. Il peut ainsi accompagner des aliments parfois délicats à marier avec le vin, notamment certains poissons, légumes, fromages et plats épicés.
Quel saké avec des sushis et des sashimis ?
Choisissez un Ginjo ou un Junmai Ginjo frais et délicat.
Son profil aromatique accompagnera le poisson cru sans masquer sa finesse. Évitez un saké trop puissant ou trop chaud avec des sashimis délicats.
Quel saké avec des fruits de mer ?
Un Junmai Ginjo ou un Junmai Daiginjo frais fonctionne particulièrement bien avec les huîtres, les coquilles Saint-Jacques, les crevettes et les crustacés.
La finesse du saké respecte les saveurs iodées tout en rafraîchissant le palais.
Quel saké avec un poisson cuit ?
Un poisson grillé ou rôti peut être accompagné par un Junmai légèrement plus ample.
Avec une préparation délicate, choisissez plutôt un Junmai Ginjo frais. Avec une cuisson plus marquée ou une sauce riche, servez un Junmai à température ambiante ou légèrement tiède.
Quel saké avec une viande blanche ?
Un Junmai ou un Junmai Ginjo doté d’une belle matière accompagnera facilement le poulet, le porc ou le veau.
Un Junmai Daiginjo peut également convenir à une volaille fine ou à une viande blanche préparée avec une sauce légère.
Quel saké avec un plat épicé ?
Un saké rond, souple ou légèrement doux peut calmer la sensation de chaleur provoquée par les épices.
Un Junmai suffisamment généreux fonctionne bien avec une cuisine asiatique épicée, tandis qu’un Nigori peut accompagner des plats encore plus relevés.
Peut-on boire du saké avec du fromage ?
Oui, et les accords peuvent être particulièrement intéressants.
Le saké accompagne notamment :
- le comté
- le parmesan
- les fromages à pâte pressée
- certains chèvres
- les fromages légèrement persillés
Un Junmai riche, servi à température ambiante ou légèrement tiède, mettra particulièrement bien en valeur l’umami d’un comté affiné.
Quel saké avec de la charcuterie ?
Un Junmai ample peut accompagner un jambon affiné, une terrine ou une viande fumée.
Les saveurs de céréales, de riz et d’umami répondent bien au caractère salé et savoureux de la charcuterie.
Quel saké avec un dessert ?
Privilégiez un saké aromatique, légèrement doux, un Nigori ou un saké vieilli.
Un Junmai Ginjo fruité peut accompagner un dessert aux agrumes, à la poire, à la pomme ou aux fruits blancs, à condition que celui-ci ne soit pas trop sucré.
Comment conserver une bouteille de saké ?
Le saké doit être conservé dans un endroit frais, stable et à l’abri de la lumière.
Les rayons ultraviolets et les températures élevées accélèrent son évolution et peuvent altérer ses arômes.
Contrairement au vin, une bouteille de saké doit généralement être conservée debout. Il n’est pas nécessaire de maintenir son bouchon humide.
Les Ginjo et Daiginjo, plus fragiles sur le plan aromatique, gagnent à être conservés au réfrigérateur. Le Namazake doit impérativement rester au froid.
Combien de temps conserver un saké fermé ?
La majorité des sakés est destinée à être consommée relativement jeune, afin de profiter de sa fraîcheur et de ses arômes.
Il n’existe pas toujours de date limite de consommation officielle, mais les cuvées classiques gagnent généralement à être dégustées dans les mois suivant leur achat.
Certains sakés, notamment les Koshu, sont au contraire spécialement conçus pour vieillir.
Combien de temps conserver un saké ouvert ?
Après ouverture, refermez soigneusement la bouteille et placez-la au réfrigérateur.
Un Ginjo ou un Daiginjo très aromatique sera généralement meilleur dans la semaine suivant son ouverture.
Un Junmai plus robuste peut parfois évoluer agréablement pendant plusieurs semaines. Son goût changera progressivement sous l’effet de l’oxydation, mais moins rapidement que celui de nombreux vins.
Questions fréquentes sur le saké japonais
Quelle est la différence entre le saké et un alcool de riz ?
Le saké est une boisson fermentée généralement comprise autour de 15 % d’alcool. Un alcool de riz distillé peut atteindre 30, 40 % ou davantage. Leur méthode de fabrication et leur manière d’être dégustés sont donc très différentes.
Le saké est-il un spiritueux ?
Techniquement, non. Un spiritueux est obtenu par distillation, tandis que le saké est produit par fermentation. Il est néanmoins souvent rangé dans la catégorie des spiritueux sur les sites marchands pour des raisons de classement commercial.
Le saké est-il un vin ou une bière ?
Il n’est ni véritablement un vin ni une bière. Sa fabrication présente des similitudes avec le brassage de la bière, tandis que sa dégustation et ses accords rappellent davantage le vin.
Quel est le meilleur saké pour débuter ?
Un Junmai équilibré ou un Junmai Ginjo aromatique constitue généralement le meilleur point de départ. Le premier sera plus riche et gastronomique, tandis que le second sera souvent plus fruité et immédiatement accessible.
Quelle est la différence entre Junmai et Junmai Ginjo ?
Les deux sont élaborés sans ajout d’alcool neutre. Le Junmai Ginjo doit cependant utiliser un riz dont le taux restant après polissage ne dépasse pas 60 % et suivre une fermentation spécifique, généralement longue et à basse température.
Quelle est la différence entre Ginjo et Daiginjo ?
Le riz d’un Ginjo doit être poli jusqu’à conserver au maximum 60 % du grain. Pour un Daiginjo, cette proportion ne doit pas dépasser 50 %. Le Daiginjo recherche généralement davantage de finesse et de délicatesse.
Junmai Daiginjo est-il meilleur que Junmai ?
Il n’est pas forcément meilleur, mais différent. Un Junmai Daiginjo sera généralement plus fin et aromatique, tandis qu’un Junmai peut offrir davantage de puissance, de texture et d’umami.
Plus le riz est poli, meilleur est le saké ?
Non. Un polissage important facilite l’obtention d’un profil fin et délicat, mais il ne garantit pas à lui seul la qualité. Le riz, l’eau, les levures, la fermentation et le savoir-faire du brasseur sont tout aussi importants.
Le saké se boit-il chaud ou froid ?
Les deux sont possibles. Les Ginjo et Daiginjo aromatiques sont généralement servis frais. Certains Junmai et Honjozo plus riches peuvent être dégustés tièdes ou chauds.
Peut-on mettre le saké au réfrigérateur ?
Oui. Le réfrigérateur est même recommandé pour les Ginjo, Daiginjo et Namazake. Une bouteille ouverte doit également être conservée au froid.
Dans quel verre servir le saké ?
Un verre à vin blanc est idéal pour les sakés aromatiques. Une petite tasse en céramique convient bien aux sakés servis à température ambiante ou légèrement réchauffés.
Le saké se boit-il en apéritif ou en digestif ?
Il peut être servi à l’apéritif, pendant le repas ou plus rarement en fin de repas. Il n’est pas uniquement destiné à être consommé comme digestif.
Quel saké boire avec des sushis ?
Un Junmai Ginjo frais et délicat est généralement un excellent choix. Il accompagne le poisson cru sans dominer ses saveurs.
Quel saké boire avec du fromage ?
Un Junmai riche servi à température ambiante ou légèrement tiède fonctionne particulièrement bien avec le comté, le parmesan et les fromages à pâte pressée.
Une bouteille de saké se conserve-t-elle après ouverture ?
Oui. Refermez-la correctement et conservez-la au réfrigérateur. Les sakés très aromatiques sont idéalement consommés dans la semaine, tandis que certains Junmai peuvent rester intéressants plus longtemps.
Le saké se périme-t-il ?
Le saké ne devient pas forcément impropre à la consommation à une date précise, mais son profil évolue. Une mauvaise conservation, la lumière et la chaleur peuvent accélérer cette évolution et dégrader ses arômes.
Ce qu’il faut retenir pour bien choisir son saké
Le saké japonais est une boisson fermentée à base de riz, d’eau, de koji et de levures. Il se déguste lentement, comme un vin, et peut accompagner un repas entier.
Pour choisir facilement :
- privilégiez un Junmai pour un profil riche et gastronomique ;
- choisissez un Junmai Ginjo pour davantage de fraîcheur et de fruit ;
- réservez un Junmai Daiginjo aux dégustations les plus raffinées ou aux grandes occasions.
Servez les sakés aromatiques frais, généralement autour de 8 à 12 °C. N’hésitez pas à tester un Junmai plus riche à température ambiante ou légèrement réchauffé.
Sushis, poissons, fruits de mer, viandes blanches, fromages et plats épicés offrent tous de belles possibilités d’accords.
Notre sélection de sakés Tsukino Katsura permet justement de découvrir trois expressions très différentes d’une même maison : un Junmai accessible et polyvalent, un Junmai Ginjo plus aromatique et un Junmai Daiginjo Shizuku particulièrement raffiné.


